Samedi 11 février 2012

Protégez le bois contre les insectes

Il est très désagréable, au début du printemps, de trouver sur ou sous les meubles de petits tas de fine poussière. En bonne ménagère, vous les avez promptement fait disparaître. Hélas, le lendemain tout était à recommencer, il y en avait autant, sinon plus. Cette fine poussière appelée vermoulure est le résultat de piqûres du bois provoquée par des coléoptères : la petite vrillette et le lyctus. Pour les combattre, il importe de les identifier et de connaître leur mode de vie et leurs mœurs.

COMMENT VIVENT CES INSECTES
Le cycle de vie des coléoptères est celui de tous les insectes, œufs, larves (seules responsables des dégâts), pupe, chrysalide, imago ou insecte parfait. La durée de ce cycle, est fonction de l’espèce, ainsi que des conditions atmosphériques. Il peut varier de quelques mois à plusieurs années. Lors de l’essaimage des imagos, il arrive fréquemment qu’ils se répandent dans l’appartement, s’y accouplent, déposent leurs œufs dans les anciens trous d’envol des bois, convenant à la nourriture de leur progéniture. Ou ils s’envolentvers l’extérieur, pour infester d’autres immeubles. Dans les appartements, il n’est pas rare de les voir se promener sur les vitres des fenêtres, dans les rideaux ou même parfois s’attaquer aux tapis.
La petite vrillette est l’insecte le plus dangereux pour les bois secs. Elle a une forme plutôt cylindrique, sa tête est invisible du dessus, sa longueur varie de 3 à 4 mm ; de couleur brun plus ou moins foncé, elle est souvent revêtue d’une pubescence grise. Ses larves, blanches avec des spinules sur le dos, possèdent trois paires de petites pattes et ont une forme arquée. Le trou d’envol où sont déposés les œufs, peut atteindre jusqu’à 3 mm de diamètre. L’essaimage a lieu en août-septembre : les larves creusent des galeries dans tous les sens. On les rencontre indifféremment dans l’aubier et le duramen, notamment dans le noyer et le cerisier. La vermoulure est grossière et rude au toucher. Le lyctus a une forme allongée et le corps légèrement aplati ; sa tête est large et bien visible du dessus. Longue de 2 à 6 mm, elle est de couleur brun-marron. Les larves blanchâtres n’ont pas de spinules sur le dos. Elles possèdent trois paires de petites pattes, leur corps est recourbé en forme d’hameçon et peut atteindre jusqu’à 7 mm de long. Le trou d’envol est légèrement ovale, à bords noirâtres. L’essaimage se situe de mi-avril à la fin août. Les larves progressent dans les vaisseaux de l’aubier en direction du fil du bois. Fin mars ou début avril, elles abandonnent leur direction rectiligne pour venir creuser leur « berceau de nymphose » sous la surface du bois. Le charme, le peuplier, le hêtre ne sont jamais attaqués par le lyctus.

UNE LUTTE ÉNERGIQUE ET EFFICACE
Les bonnes ménagères prétendent qu’un meuble bien encaustiqué, soigneusement entretenu, ne risque rien : c’est hélas, une erreur. D’abord, il convient de déraciner ces idées entièrement fausses et trop répandues, suivant lesquelles il suffit pour protéger un meuble, de l’encaustiquer convenablement, de boucher les trous à la cire ou à l’encaustique et de passer dessus un fer à repasser très chaud. Inefficace aussi l’essence de térében-tine ou le formol, le menthol, les sachets contenant des feuilles de vétiver… D’autant plus qu’avec le chauffage central, le danger des insectes s’est considérablement accru : autrefois, ils ne pondaient qu’une fois par an ; maintenant, grâce au chauffage central ou urbain, ils peuvent le faire toute l’année.

LES MOYENS PRÉVENTIFS
Une étroite surveillance devra être exercée sur tout le mobilier. Les coins sombres sont les plus exposés à l’attaque des vrillettes, l’état des vieux meubles devra être régulièrement vérifié. Dès qu’on apercevra la moindre trace de vermoulure suspecte, il ne faudra pas hésiter à traiter. L’époque la plus favorable pour traiter les meubles ou boiseries infestés par les vrillettes est la période qui précède la nymphose, c’est-à-dire juillet et août et celle de réclosion des larves de mai à juin ; ce sont les périodes où les larves sont le plus près de la surface. Les traitements devront être répétés chaque année, jusqu’à l’arrêt total des dégâts. Pour cela une seule méthode : la vaccination. Injectez l’antiseptique à refus dans les trous au moyen d’une seringue hypodermique, d’une fine burette ou d’un bidon spécial. Pour le traitement à la seringue, il convient de garnir l’aiguille de cire, d’aspirer ensuite l’antiseptique et de l’injecter lentement dans 5 à 6 trous par dm2. Répétez l’opération jusqu’à saturation complète. A la dernière, injection, avant de presser sur le piston, faites glisser la cire le long de l’aiguille de façon à obstruer le trou d’envol. L’opération est terminée le produit se dépose lentement, détruisant ainsi tous les insectes.

A MEUBLES DIFFÉRENTS, TRAITEMENTS DIFFÉRENTS

Les meubles massifs cirés doivent être badigeonnés ou pulvérisés copieusement avec l’antiseptique sur toutes leurs surfaces : planches, intérieurs, tiroirs, carcasse etc. Traitez les trous d’envol en suivant les prescriptions ci-dessus. Le traitement terminé, laissez sécher le meuble au moins pendant une journée dans un endroit aéré. Une fois sec, passez un linge légèrement imbibé d’alcool afin de faire disparaître la pellicule blanchâtre pouvant se produire. Finissez en cirant soigneusement avec de l’encaustique contenant environ 5/1000 de lindane.
Les meubles plaqués vernis, ne doivent pas être traités extérieurement : l’antiseptique ne doit pas toucher le placage. Traitez l’intérieur, le dos des meubles, la carcasse, etc. Après le traitement, passez un chiffon bien sec sur la face extérieure. Tout dépend donc des matériaux utilisés pour votre mobilier, mais à l´arrivée, il faut toujours traiter avec l´enduis adequat.

ATTENTION AUX TERMITES !
Dans les régions termitées, il arrive très souvent que des meubles soient mis en péril par ces petites bestioles qui envahissent par les pieds. Un copieux badigeonnage de ces derniers, ainsi que des faces postérieures en contact avec les murs, est toujours à recommander. Utilisez un termicide de longue durée. Enfin, dernier conseil. Utilisez uniquement des produits fluants, en solution organique pour le traitement des bois secs, à base de solvants, légers, tel que le White-Spirit. Ils doivent être employés purs, sans adjonction de solvants, sauf spécifications contraire indiquées par le fabricant.